Marathon de Salon de Provence

marathon_salon_log.jpgAprès l'Ecotrail de Paris le 19 mars 2016 et mon forfait fin août à l'Afaghjinca (entorse la veille de la course), mon second et dernier rendez-vous de l'année 2016 est le marathon de Salon de Provence. Première et unique édition. Projet porté par Vincent qui a ramené une fine équipe (Jamel, Stéphane, Eric, Aymeric) dans une joli mas à Pélissanne. Très belle organisation de Vincent qui nous a agrémenté ce week-end d'une découverte de Lourmarin et des Baux de Provence mais aussi d'une belle soirée d'après course chez Philou et Aurélie avec beaucoup de monde (Valentin, Patrick, Christophe...) et de rigolades.

La préparation a été assez sérieuse et j'ai dû bien couper sur la fin car j'avais accumulé beaucoup de fatigue et je craignais de ne pas récupérer. Cette coupure fut bénéfique et j'arrivais avec de bonnes sensations le week-end de la course. Je dirais que mon état de forme était relativement équivalent à celui des marathons de Paris 2012 (2h48'23") et 2013 (2h47'54"). Toutefois mes ambitions étaient moins hautes car le marathon de Salon de Provence présente un profil moins propice à la performance. En effet, après 19km plutôt plat, la course se complique avec 6km agrémentés de bonnes côtes (+50m). Ensuite, le profil est plutôt descendant du 25ème au 40ème avant de finir par une derrière côte. Soit environ 150m de dénivelé. En prenant tout ça en compte, je pronostiquais un chrono de 2h52'14" sur une base de 15km/h sur plat (2h48'47").

Le jour de course, la température était assez fraîche (de 2°C au départ à 12°C à l'arrivée), un vent léger (entre 0 et 20km/h) et avec un beau soleil. Le mistral nous a donc épargné mais un équipement assez chaud était nécessaire (manches longues, gants et bonnet).

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Avec Jamel et Vincent, nous étions dans le sas préférentiel avec les élites. Jamel était même sur la ligne alors que Vincent et moi sommes restés humblement au troisième rang. Enfin, nous étions bien placés. Autant dire qu'il n'y eut pas de difficultés au départ. Rapidement, j'essayais de contrôler mon allure et de trouver le bon groupe ni trop lent ni trop rapide. Je vois les filles partirent devant moi. A savoir Aline Camboulives et Yunes-Moraa. Un peu trop rapide pour moi. Je navigue donc entre les coureurs et nous sortons de Salon de Provence. Je regarde derrière moi pour voir où se trouve Jamel. Il est déjà assez loin. Je suis surpris car je m'attendais à ce qu'il court au même rythme que moi. Enfin, je suis dans l'allure (km1 et 2 en 4'01 et 3'59). Je ne l'attend donc pas et je me retrouve dans un petit groupe avec Pascal et Shaun qui comptent passer au semi en 1h25. Ce qui me convient parfaitement. Je décide donc de rester avec eux. Pourtant les deux kilomètres suivants sont un peu lents (4'08 et 4'06) alors je décide de relancer un peu (pourtant, sur la trace de Shaun, ces kilomètres sont en 4'03 et 4'02...) et je me retrouve esseulé sur la fin de la première boucle et le retour vers Salon de Provence (3'56, 4'01, 3'59 et 3'50).

Nicolas Jamel Eric Vincent Valentin

Après avoir traversé Salon, j'entame la grande boucle en direction du Sud et je me fais rattraper par Pascal et Shaun vers le 9ème kilomètre. Ce qui me permet de ne plus courir seul et nous atteignons le 10ème kilomètre en 40'02" (3'50 et 3'56). Je prend mon premier gel. Plutôt désagréable et collant mais j'ai prévu de m'astreindre à ce régime tous les dix kilomètres en plus de boire quelques gorgées à tous les ravitaillements (environ tous les 5 kilomètres). Encore un petit kilomètre (3'51) et nous entrons dans la base militaire où se situe le ravitaillement qui me permet de me rincer la bouche. Ensuite, nous tournons tout autour de l'école de l'air. A ce moment là, j'ai des bonnes sensations et je mène le petit groupe qui s'est enrichi de deux éléments : Thomas et un autre coureur. L'avantage de ces tours et détours, c'est qu'ils permettent de jauger les écarts. Je constate ainsi que le groupe des filles n'est pas très loin devant nous. Aline Camboulives n'est peut être pas parti pour un gros chrono. Je constate aussi que Jamel est loin derrière et que Vincent est à peine plus loin. Au ravitaillement vers le 14,5 kilomètre, je manque de m'étouffer en avalant mes deux ou trois gorgées d'eaux. J'en profite pour rétrograder dans le petit groupe qui s'enrichit de deux autres éléments : David qui connaît Pascal et Shaun et un autre coureur habillé en triathlète. Nous atteignons ainsi le début de la piste au 15ème kilomètre (3'57, 4'02, 4'02 et 3'59).

Nicolas Eric Vincent Valentin

Les kilomètres qui suivent ne sont pas fameux. Je ne récupère pas vraiment du dernier ravitaillement et j'ai comme un point de côté... J'essaie de me détendre mais j'ai le ventre très contracté. Les deux kilomètres de piste (4'05 et 4'01) ne sont guère agréables mais la douleur passe un peu. Mais j'aurai sur tout le reste de la course le côté droit du ventre contracté et légèrement douloureux. A la fin de la piste, Shaun accélère un peu et je prend sa foulée (3'56) mais je décroche ensuite légèrement et je n'estime pas pertinent de faire l'effort de rester au contact. J'ai l'impression qu'il va un peu trop vite pour moi et ce n'est pas le moment d'être en sur-régime (4'05). D'ailleurs, les difficultés commencent dès le 20ème kilomètre avec plusieurs petites côtes et je vois Shaun qui n'avait que quelques secondes d'avance prendre le large (4'17 vs 4'01 pour Shaun). Je me retrouve donc seul de nouveau mais j'imagine bien me faire rattraper par le petit groupe rapidement. Je gère donc mon allure pour ne pas me faire rattraper dans la jolie côte du 21ème kilomètre en 1h24'35" (temps calculé par rapport à la position GPS) et je passe au semi marathon avec quelques mètres d'avance sur Pascal, David et le triathlète.

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Ravitaillement et je reprend la foulé des ces trois coureurs. Nous en avons visiblement perdu deux dans l'affaire. Les deux kilomètres qui suivent sont en léger faux plat et je dois faire l'effort pour rester dans le groupe. J'ai la nette impression qu'ils sont plus faciles que moi à ce moment de la course. J'hésite donc entre faire ma course seul ou profiter du groupe. Pour l'instant je choisis la seconde possibilité car l'allure ne semble pas non plus extravagante (4'00 et 4'00). Mais dès le début de la côte suivante, je laisse Pascal et David prendre quelques mètres d'avance. Par contre, le triathlète reste derrière moi et il souffle très fort (4'28 mais 4'00 en équivalent plat). Nous sommes ensuite sur une partie presque plate avant une dernière bosse à la fin du 25ème kilomètre (4'03) et la bascule dans la descente. Nous sommes une dizaine de mètres derrière Pascal et David et le triathlète profite de la descente pour repasser devant. Tous les trois vont vite dans cette descente alors que je désire modérer mes ardeurs. Mais leur présence me pousse à courir un peu plus vite (3'51 et 3'57) mais pas assez pour les suivre. Je les vois donc s'éloigner. En particulier Pascal et David.

Le kilomètre qui suit est plutôt plat mais un peu bosselé. Je gère l'écart avec le triathlète tout en récupérant (4'09). Visiblement, je me suis un peu laissé aller mais les bosselettes et l'allure du triathlète ont eu raison de ma dynamique. Je relance donc légèrement sur le kilomètre suivant qui présente un peu le même profil et je grignote un peu de mon retard (4'02). Nous atteignons ensuite le canal où nous empruntons un chemin caillouteux mais de bonne qualité. Je refais mon retard petit à petit sur le triathlète (4'01). Mais au moment où je reviens dans sa foulée à la fin du chemin (environ 700m), il s'arrête sur le bord de la route pour probablement un besoin naturel. Je me retrouve donc complètement seul car Pascal et David sont vraiment loin. C'est vraiment dommage car l'objectif de le rattraper était motivant. En même temps, cela m'épargne de l'entendre souffler. J'atteins donc seul le 31ème kilomètre (4'02) avec peu d'espoir de courir en compagnie. A ce moment, je suis très content de mon allure depuis le début de la course et je commence à penser que je vais faire un meilleur chrono qu'espéré. Néanmoins, je ne suis pas vraiment facile et je décide de temporiser un peu jusque vers le 35ème kilomètre.

Nicolas Jamel Eric Vincent Stéphane

Je rentre de nouveau dans la base militaire sur un chemin moitié herbe moitié cailloux qui est assez désagréable. Je ressens aussitôt un coup de moins bien et ma douleur au ventre un peu plus présente (4'13). J'ai hâte que ce chemin se termine car il est vraiment peu roulant. J'essaie de courir dans l'herbe et dans les cailloux sans trouver la surface la plus efficace. C'est dire. Je vois au loin Pascal et David ainsi que d'autres coureurs qui ont l'air moins rapides. La bonne nouvelle, c'est qu'il semble que je rattrape moi aussi des coureurs. La mauvaise, c'est que ce chemin est encore long. Tant bien que mal, je poursuis ma route (4'08 et 4'10) en me rapprochant rapidement du coureur me précédant. Et au bout de 2,7 kilomètre, je quitte enfin ce chemin pour le bitume de la piste d’atterrissage (ou de décollage, allez savoir). Je ne me sens pas très dynamique bien que je double aussitôt ce coureur et que j'en mette dans ma ligne de mire un autre complètement à la dérive (4'17). Aussitôt dit, aussitôt fait. Je le double lui aussi. Et je vois au bout de la piste David qui semble avoir pris un peu d'avance sur Pascal et qui doublent une féminine. Enfin, ils ont beaucoup d'avance sur moi et je n'envisage pas un seul instant de les rejoindre. Je continue à remonter la piste. Remonter car il me semble qu'elle est en léger faux plat montant. De plus, il y a du vent de face. Heureusement que ce n'est pas le mistral de la veille mais je le trouve tout de même trop fort. Je ne relance donc pas au 35ème kilomètre pour, au contraire, continuer de gérer (4'18). Quand j'atteins le bout de la piste, une barrière est renversée par le vent. Preuve que ce vent n'existe pas que dans mon imagination. Mais ce n'est pas le fait de bifurquer et de l'avoir de côté qui change quoique ce soit à mes sensations (4'17). Par contre, je rattrape rapidement la féminine (Yunes-Moraa) qui semble très fatiguée. La course semble donc gagnée pour Aline. Je m'arrête au ravitaillement pour boire quelques gorgées et je repars aussitôt pour doubler Yunes-Moraa (4'17). Je ne cesse de repousser l'instant où je vais relancer l'allure car je me sens mou et ma fréquence cardiaque est élevée. Et dès que j’accélère légèrement, j'ai tout le haut du ventre qui tire et j'ai comme des hauts le cœur (sans vraiment d'envie de vomir).

Nicolas Jamel Eric Valentin Stéphane

Je décide donc de continuer à gérer encore un peu. Mon allure n'est pas non plus scandaleuse et je ne trouve pas la pointe de motivation nécessaire pour rajouter une couche à ces sensations somme toute désagréables. Personne à l'horizon et les rares concurrents doublés à la dérive. Donc sans intérêt comme lièvres. J'atteins ainsi la sortie de la base militaire et je m'épargne le dernier ravitaillement (4'15). Vais-je relancer au 40ème kilomètre ? Il y a juste avant une belle montée d'une bretelle passant au-dessus de l'autoroute et je m'épargne encore un peu sur cette partie. J'en profite aussi pour regarder derrière et je vois deux coureurs pas trop loin. Mais pas trop près non plus. Je devrais pouvoir conserver ma place si je ne fais pas n'importe quoi. Enfin, cette côte est difficile (4'29) et elle s'enchaîne par une longue ligne droite en faux plat montant. Donc, j'en profite pour ne pas relancer et continuer cahin-caha ma fin de marathon tout mou. Quelques applaudissements me permettent de jauger mon avance. Pas de problème pour l'instant (4'24). Le dernier kilomètre commence par une côte et moi je continue sans forcer jusqu'à atteindre le sommet. C'est à ce moment là où, profitant de la descente, je décide de porter mon accélération. Profitant du public et de la faible distance pour relier l'arrivée, je fini rapidement en haranguant la foule pour qu'elle m'applaudissent encore plus. Et c'est sous les hurlements du public en folie (c'est ainsi dans mes souvenirs et je ne pense pas trop exagérer la réalité) que j'atteins la dernière ligne droite. Le chronomètre se rapproche de 2h52 et égrène les secondes. Voilà pour les cinquante derniers mètre mon objectif atteint tout en contrôle en 2h51'58" !

Nicolas Nicolas Jamel Eric Vincent Valentin Stéphane

Les dix derniers kilomètres furent bien laborieux mais le résultat est conforme à mes prévisions (et même 16 secondes plus rapide). Finalement, du petit groupe de coureur, Shaun a fini en 2h45'11", David en 2h48'17" et Pascal en 2h49'22". Tout les trois avec un second semi plus rapide que le premier malgré les difficultés qu'il contenait. C'est assez rare et cela explique peut être aussi pourquoi ma fin de course fut difficile. Peut-être n'aurais-je pas dû suivre Pascal et David sur les kilomètres plus difficiles. J'arrive donc juste derrière Pascal en 21ème position et avec 2'36" de retard. Je précède le suivant de 24 secondes et surtout Jamel de 1'06" (second V2). En effet, Jamel après un début de course compliqué a retrouvé de bonnes sensations sur le second semi qu'il a terminé à toute allure. Finalement, l'écart est faible. Dommage que je ne l'ai pas vu revenir. Cela aurait pu être marrant et me motiver.

Nicolas et Vincent Nicolas et Jamel Tous les coureurs

Vincent quant à lui a plutôt vécu la course comme moi. Il termine en 3h04'35" après un passage en moins de 1h30 au semi. Son frère Valentin finit quelques minutes après en 3h08'29" tandis qu'Eric ferme la marche avec un joli chrono de 3h10'17". Sans oublier la performance de Stéphane en relais. De jolis résultats que nous fêtons dignement (ou pas) le soir même.

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